vendredi 10 mai 2013

Boissy Saint Hellé





De nouvelles photos de la pharmacie familiale des Laclôtre/Hellé à Boissy Saint Léger, et de la maison à tourelle qui est en vis-à-vis. 





samedi 4 mai 2013

Fauve et pop





Francisco San Millan, grand ami d'Hellé et de Laforge, nous communique une étonnante image publiée dans l'Oeuvre en mars 1911. C'est à notre connaissance la seule contribution d'Hellé à cette revue "haut de gamme", lui qui était plutôt cantonné aux magazines humoristiques populaires.

C'est aussi un Hellé inhabituel, très élégant et audacieux, dans la veine japoniste et Art nouveau de Beardsley ou Iribe, mais avec une touche fauviste, voire expressionniste. L'ensemble n'est pas sans évoquer certaines audaces du pop art, combinant simplification des traits et aplats de couleur "flashy" (par exemple Marylin Monroe aux cheveux jaunes par Warhol)... Encore que le "look" soit plutôt punk que rock, avec ces cheveux oranges hérissés, et la bouche outrageuse cernée de noir ! (Certains jeunes illustrateurs actuels seront peut-être un peu vexés de découvrir que ce dessin a plus d'un siècle...).



Les dessins qu'Hellé réalisait au même moment pour la presse étaient d'un tout autre style, mais le traitement du visage est caractéristique de son art "simplifié" et "enfantin". 1911, c'est aussi la date de publication du chef d'oeuvre d'Hellé, Drôles de bêtes (L'Arche de Noé), dont l'imagerie est toute autre...  

Par ailleurs on remarque que le monogramme, signature habituelle d'Hellé à cette époque, n'est pas ici transformé en petit visage ("smiley" avant l'heure).

Un autre ami d'Hellé et Laforge, Michel Dixmier, nous a indiqué que cette flamboyante rouquine pourrait être l'actrice Suzanne Desprès. Epouse du directeur du théâtre de l'Oeuvre (Lugné-Poe), Desprès fut en 1900 la première interprète de Poil de carotte

Le bulletin de l'Oeuvre s'ornait d'une évocation de S. Desprès par Paul Iribe, que l'on trouvera ci-dessous (Hellé collaborera au Témoin, journal d'Iribe, dans les années 1930). En l'occurrence, le portrait par Hellé nous paraît autrement puissant et moderne que celui du maître de l'Art déco, qui se contente ici de faire du Lepape en version caricaturale...

J.D.



mercredi 24 avril 2013

D'un support à l'autre



D'un support à l'autre :  
André Hellé, le petit maître de l'art enfantin.
Conférence de Béatrice Michielsen (Association des Amis d'Hellé)

dans le cadre du séminaire de l'Afreloce

samedi 18 mai, de 10 à 13 h

Ecole normale supérieure, salle Beckett (45 rue d'Ulm, Paris 5e)
Informations : cliquer ici



mardi 23 avril 2013

Hellé en son île, 2


SECOND EPISODE
 
Nous avons retrouvé la petite maison qu'André Hellé louait à l'année sur l'île d'Oléron, mais par souci de discrétion n'avons photographié que la fenêtre aux volets délicieusement délavés, ouvrant sur la ruelle extérieure. 
 
Il y aurait belle matière à exposition autour d'André Hellé et sa "chère île" ! Il lui consacra de très nombreux tableaux*, noua de solides amitiés avec des peintres locaux, décora les bâtiments de colonies de vacances de Boyardville et s'inspira même de ses traditionnels moulins à vent pour créer un jouet de bois tendre et naïf. 
 
Ajoutons à cette liste, le vibrant hommage que constitue "La maison des aïeules" de Pierre Loti (Floury, 1927), où l'illustrateur nous propose des vues embuées de l'île (tirées au pochoir, couleur après couleur), et plus particulièrement de la demeure familiale de Saint Pierre que Loti avait racheté sans jamais l' habiter. 
 
Tout au long de sa vie, l'artiste parisien trouva sur l'île un havre de paix autant qu'une source d'inspiration inégalée.

* Nous cherchons à en établir une liste: merci aux amateurs de faire connaître les oeuvres et les lieux dépeints.
 
 
 
 
 La petite maison d'Hellé à Oléron



Le moulin jouet d'Hellé (Catalogue d'étrennes / Reconstitution par Olivier Michielsen)


 

samedi 20 avril 2013

Hellé en son île...




PREMIER EPISODE


Un ami-chercheur, citoyen de l'île d'Oléron, vient de trouver chez un antiquaire, des épreuves d'imprimerie du "Livre des heures héroïques et douloureuses"  d'André Hellé (Berger-Levrault, 1919). 

Deux de ces épreuves sont annotées au verso et localisées à Oléron même, plus précisément à Domino sur la côte ouest. 

Rappelons que l'artiste qui s'était épris des paysages de l'île, y loua fort longtemps une petite maison à l'année qu'il meubla de ses mains. 




Hellé se trouvait-il à Oléron entre le 25 juillet et le 1er août 1914 où il souhaita immortaliser l'ordre de mobilisation générale ? Tout porte à le croire...


25 juillet 1914




1er Août 1914 



A suivre...

samedi 6 avril 2013

Pauvres joujoux



Une intéressante petite découverte que nous devons à M. Antoine Sausverd, animateur du passionnant site Topfferiana :

l'origine de l'album Pauvres joujoux cassés d'Hellé.



Il a en effet connu une pré-publication dans la revue pour enfants « Qui lit rit », n° 12, du 12 avril 1908, avant d'être développé en publié sous forme d'album en leporello

Au passage cela confirme notre datation de cet album (1908). 

En prime, un billet sur ce livre : Si tu veux (jouer)
 
Planches reproduites ci-dessous d'après le microfilm de la BnF.
(Cliquer sur les images pour les agrandir)

 


 


vendredi 29 mars 2013

De W. Busch à Ezra J. Keats


Michel Defourny, éminent autant que sympathique spécialiste de la littérature jeunesse, vient de consacrer un article à la vogue des rééditions d'albums anciens (Lectures, 179-180, janvier-avril 2013).

Il y consacre un chapitre au "retour d'André Hellé", dont voici un petit extrait :

André Hellé serait-il enfin réhabilité ? Une exposition de ses jouets s'est ouverte au Musée du jouet de Poissy, en octobre 2012, accompagnée d'un beau catalogue rédigé par Béatrice Michielsen ; en novembre 2011 un numéro spécial de la revue 'Griffon' lui a été consacré ; enfin, coup sur coup, plusieurs de ses albums sont réédités [....]. 'Drôles de bêtes', dont on a fêté en 2011 en 2011 le centième anniversaire de la parution, est un des chefs d'oeuvre de de la littérature jeunesse du début du XXe siècle...








jeudi 7 mars 2013

L'heure du berger



Pour fêter le 100e message du blog des Amis d'Hellé,


voici un joli cadeau.



Il s'agit d'un grande aquarelle originale, datant probablement de vers 1910, acquise il y a longtemps par un sympathique couple de collectionneurs, qui avaient eu un petit coup de coeur pour ce dessin, sans trop connaître l'artiste, à l'époque.

Ils nous ont contactés suite à l'exposition du Musée du jouet. Un autre trésor figure dans leur collection, qui fera rêver tous les amateurs d'Hellé... Nous le montrerons bientôt, avec, également, leur aimable autorisation.


(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

© Collection privée


mercredi 27 février 2013

Les jolies colonies de vacances


Notre message précédent nous a donné envie de revenir sur ces colonies de vacances décorées par Hellé, pour le compte de "L'Enfance coopérative".

Dans un ouvrage qui fut consacré à ces colonies, les auteurs, Jouenne et Fauconnet, rappellent :
 
"l'établissement de Boyardville fut d'abord une ancienne caserne [...]. M. Clément-Camus, l'architecte de l'Enfance coopérative examina la question des transformations [...]. Le Moulin placé au dessus de la cuisine sert de cheminée d'aspiration, évitant ainsi la chaleur suffocante et les mauvaises odeurs de cuisine" (L'enfance et la coopération, PUF, 1929)
 
Nous pensons depuis longtemps qu'Hellé n'a pas été seulement sollicité pour des fresques murales mais a probablement collaboré avec l'architecte.

Ce n'est d'ailleurs sûrement pas une coïncidence si le mobilier fut créé par un proche d'Hellé, le célèbre designer art déco Francis Jourdain (en revanche les vignettes qui figurent sur ces meubles ne sont pas d'Hellé mais d'un certain Lardeur, sans doute Raphaël Lardeur). Nous avons pu retrouver certains de ces meubles.

Les cartes postales reproduites ci-dessous sont empruntées à l'excellent site Rétro-colo, réalisé par l'association Wakanga.



Dortoirs de Gerardmer et Boyardville, décorés par Hellé. On remarquera l'inspiration constructiviste des rébus de Gérardmer.
(Ces fresques, comme toutes les autres réalisées par Hellé, 
ont aujourd'hui disparu)


Extraits du livre de 1929 sur "l'enfance coopérative" :
 

Cette décoration paraîtra sans doute un peu archaïque, mais il faut imaginer ce qu'étaient les colonies de vacances à cette époque, qui ressemblaient fort, pour le coup, à des casernes, dont la décoration se limitait en général  à un grand crucifix...




Sur l'histoire de ces établissements, voir les études de M. Bernard Toulier, Conservateur général du patrimoine (Ministère de la Culture), et membre du comité d'honneur de notre association, en particulier :



mardi 26 février 2013

Retour aux sources



Dans les "Souvenirs d'un petit garçon", Hellé racontait, sous couvert de fiction, son enfance à Boissy-Saint-Léger.


Nous avions retrouvé la pharmacie qui était celle ses parents, 
et qui existe toujours. 


Cette maison apparaît régulièrement dans des cartes postales de Boissy, éditées vers 1900. 


Le jeune homme que l'on remarque sur deux de ces cartes dans le petit jardin de la maison serait-il le jeune Laclôtre ?



Ce n'est pas tout à fait impossible, mais c'est loin d'être assuré (on ne connaît à ce jour que deux portraits d'Hellé). 
 
D'ailleurs le second cliché (carte colorisée) est plus ancien que le premier (on y voit la jolie marquise au-dessus de l'entrée, ensuite supprimée pour poser un second panneau "Pharmacie").
 


En tous cas, la curieuse maison à tourelle qui faisait face à la pharmacie familiale a dû marquer l'esprit du garçonnet qui vivait en face.



On la croirait sortie de l'univers d'Hellé...


Source : Delcampe


Elle rappelle même le moulin de la colonie de vacances de Boyardville, 
La Maison heureuse, conçue par l'architecte Clément-Camus 
et décorée par Hellé...




Affaires à suivre !

Photos © Amis d'Hellé


samedi 23 février 2013

Rendez-vous ludiques



Programme des animations autour de l'exposition "Drôles de jouets",

du 6 au 17 mars, 

à la Une des actualités d'Ile de France du Ministère de la Culture 

(en ligne ici)

Sans oublier la représentation de La Boite à joujoux, d'Hellé et Debussy, 
le 20 mars.
 


mardi 12 février 2013

Paris breakfast


Reportage sur l'exposition du musée du jouet de Poissy sur le blog anglophone Paris Breakfast (lu par 5000 personnes par jour). 

L'auteur, Carol Gillot, y fait partager son enthousiasme pour "the newly discovered objet of [her] obsession: illustrator André Hellé."






samedi 2 février 2013

FILMS : Histoire d'une maquette originale



FILMS 

Histoire d'une maquette originale

Sacrée coïncidence : alors que ce livre vient d'être enfin réédité (chez Michel Lagarde, avec une étude de Jean-Hugues Malineau), une amatrice éclairée, fidèle collaboratrice de nos travaux de recherche, vient d'acquérir la maquette originale de "Films pour les tout-petits".  

Elle a souhaité la partager avec les admirateurs d'André Hellé, en permettant qu'elle soit exposée sans tarder au Musée du jouet de Poissy (non loin de Paris, RER A).L'album calligraphié et aquarellé de la main de l'artiste, est dorénavant présenté en vitrine de l'exposition "Drôles de Jouets". 

Outre les nombreuses différences inhérentes aux esquisses préparatoires, il contient trois planches inédites que nous vous présentons ci-dessous, avec son aimable autorisation : "Les dangers de l'automobile", " La machine à cirer" et "Le malin photographe".

Comme ce fut le cas pour l'album "Drôles de bêtes" (Editions Tolmer, 1911) dont on connaît 3 couvertures (1) et trois titres différents, "Films pour les tout petits" est également paru sous le titre d' "Images drôlatiques" aux éditions Garnier et donna lieu à deux couvertures distinctes, bien connues des bibliophiles: un remarquable tableau "simultanéiste" à la manière des Delaunay (2) et un visuel plus minimaliste au titre surdimensionné, encadrant une vignette Chaplinesque.


Les deux variantes de couverture


Nous avions jusque-là, et pour des raisons de style, attribué l'antériorité à "Images drôlatiques" mais de récentes comparaisons d'albums eurent raison de nos convictions. En effet, les deux éditions s'avérèrent - à parts égales - datées de 1923 autant que de 1931 ! Comme pour appuyer cette nouvelle donnée, nous retrouvons aujourd'hui la couverture de Charlie à la caméra, dans un catalogue de jouets du Bon Marché 1923-1924.

Nous attendons les réactions des amateurs détectives et accueillerons avec intérêt toute nouvelle information sur le sujet... A vos claviers ?

BM


1) Voir les photos dans le catalogue de l'exposition de Poissy: "Drôles de jouets" (pp. 26-27), Béatrice Michielsen, Ed Mare et Martin / Musée du jouet de Poissy.

2) Couverture choisie par Jean-Hugues Malineau pour la réédition d' "Images drôlatiques" aux éditions Michel Lagarde (octobre 2012).



Ci-dessous : planches inédites figurant dans la maquette originale
(Cliquer sur les images pour les agrandir)